un robot qui se monte et se déplace tout seul

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Pour la première fois, une équipe d’ingénieurs a mis au point un robot capable de s’assembler lui-même et de se déplacer en rampant, et ce, sans intervention humaine.

Faire en sorte qu’un robot puisse s'assembler et se mouvoir de façon autonome constitue déjà une énorme victoire en soi. L’application de ce phénomène sur des machines sophistiquées construites à moindre coût et capables d’interagir avec leur environnement relève encore, en revanche, du domaine de l’imagination.

Sam Felton, doctorant au département d’ingénierie et de sciences appliquées de l’Université Harvard, et auteur principal de l’étude, publiée récemment dans  Science (lien internet), explique qu’il faut « imaginer une rame de papier constitué de satellites robotiques empilés les uns sur les autres, envoyés dans l’espace et qui s'y assembleraient une fois en orbite pour prendre des photos, récolter des données, et bien plus encore ».

Sam Felton a travaillé avec une équipe d’ingénieurs et d’informaticiens du département d’ingénierie et de sciences appliquées de l’Université Harvard, en partenariat avec le Wyss Institute for Biologically Inspired Engineering et l’Institut de Technologie du Massachusetts. Tous furent inspirés par les phénomènes d’auto-assemblage déjà présents dans la nature, tels que les acides aminés qui se replient sous forme de protéines complexes.

Le robot est composé de papier et de Shrinky Dinks, des feuilles de plastiques vendues comme jouets et qui, une fois chauffées, deviennent rigides. Plat à l’origine, son design est inspiré de l’origami, cet art du pliage de papier en formes complexes venu du Japon. Des encoches en guise de charnières se plient selon certains angles, et enfin, deux moteurs miniatures, deux piles ainsi qu’un microcontrôleur fournissent son énergie au robot.

Il aura fallu plus de 40 tentatives à l’équipe, avant de parvenir au prototype final escompté, soit un système électromécanique entier contenu dans une simple feuille.

Sous l’action de la chaleur, la matière commence à rétrécir et à se plier au niveau des charnières pré-découpées. Après environ quatre minutes, le polystyrène durcit et le microcontrôleur envoie un ordre au robot, qui se met alors à ramper à une vitesse d'environ 160 mètres par heure.

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Sous l’action de la chaleur, la matière commence à rétrécir et à se plier au niveau des charnières pré-découpées. Après environ quatre minutes, le polystyrène durcit et le microcontrôleur envoie un ordre au robot, qui se met alors à ramper à une vitesse d'environ 160 mètres par heure.

« C’est fascinant de se dire que le mécanisme de calcul du système est en fait incorporé dans sa version imprimée, plate. » a déclaré dans un communiqué de presse Daniela Rus, professeur de génie électrique et d’informatique à l’Institut de Technologie du Massachusetts et co-auteur de l’article paru dans Science. Elle ajoute à ce propos que « quand ces systèmes  se dressent et se déploient, ils le font de manière réfléchie ».

Mettre en place des boutiques où chacun pourrait se rendre et commander un robot en fonction de ses besoins demeure l’un des objectifs à long terme. « Vous pourriez venir avec une description assez simple de ce dont vous avez besoin et repartir une heure plus tard avec votre aide robotique » a déclaré le Dr Wood (mentor de Sam Felton) dans un communiqué de presse, ajoutant : « l'ère du robot encombrant, qui reste immobile et se cantonne à une seule tâche est est vouée à disparaître rapidement ».

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